Pour 2020, année du 11ème anniversaire de l’inscription du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO, la 9ème édition du « Village Maloya » fait la part belle à un programme d’actions proposé aux lycéens et aux élèves des établissements du 1er degré. Dans le cadre de cette initiative menée au titre de l’Éducation Patrimoniale, des animations culturelles, artistiques et pédagogiques seront ainsi organisées dans des établissements des quatre micro-régions de l’île à partir du lundi 28 septembre au mardi 06 octobre 2020.

Le classement du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO le 1er octobre 2009 a inauguré, pour la première fois, une reconnaissance au niveau mondial d’un héritage de la culture réunionnaise.
La Région Réunion, en partenariat avec les différentes commu-nautés d’acteurs de l’île, célèbre chaque année l’inscription du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO.
En 2020, la Région Réunion organise la 9ème édition « Village Ma-loya ». Du 28 septembre au 6 octobre, un programme d’interventions, dans les écoles et lycées, permettra de développer un volet pédagogique essentiel à la transmission de notre culture.
Le 3 octobre, au musée Stella Matutina, le « Village Maloya » sera ouvert au grand public avec l’accès à des ateliers, des expositions et des concerts.

Inscrit le 1er octobre 2009 sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO. Le Maloya désigne à la fois une musique, un chant, et une danse propre à La Réunion. Hérité des esclaves venus d’Afrique de l’Est ou de Madagascar, il est à l’origine réservé à des cérémonies animistes invoquant l’esprit des ancêtres.

Entre les mains des esclaves puis des engagés essentiellement d’origine indienne, le Maloya devient un moyen d’expression de leur résistance et de leurs sentiments. De la souffrance à la haine, de l’espoir à la joie, le Maloya a véhiculé leurs complaintes.

Cette musique qui s’est créolisée avec le temps pour devenir un facteur d’identité réunionnaise aura été longtemps marginalisée voire parfois interdite par les autorités qui la jugeaient subversive.

Vecteur de revendications politiques pendant les années 50-80, le Maloya est devenu aujourd’hui l’expression majeure, sur le plan culturel et musical, de l’identité réunionnaise. Plus de 300 groupes musicaux le pratiquent.

Le Maloya a longtemps été performé par des groupes familiaux qui se le transmettaient. Sa forme traditionnelle est celle d’un dialogue entre un soliste et un chœur accompagné par trois instruments : le roulèr, le bob et le kayamb.

Le Maloya est aujourd’hui chanté et dansé sur scène par des groupes professionnels ou semi-professionnels, et la forme des textes est beaucoup plus variée. De nombreux CD sont produits chaque année et des tournées sont organisées au niveau national et international. De nombreuses formes métissées existent désormais : maloya-rock, maloya-reggae (malogué), maloyafusion, maloya-jazz…

Le Maloya fédère les Réunionnais autour d’une histoire commune, celle de leurs origines, étroitement liée à l’esclavagisme, à l’engagisme et au métissage. Monument musical, il incarne par l’histoire qu’il véhicule la lutte contre l’oppression, le maintien de valeurs humanistes comme la liberté, le partage et la tolérance.

Pour plus de renseignements :

https://www.regionreunion.com/actualite/toute-l-actualite/article/village-maloya-2020-9eme-edition

 

Photo Pierre Marchal