Appelée aussi Vohitsara (cité de beauté) ou Village des Milles, l’actuelle capitale de Madagascar avec une population de plus 1.800.000 habitants est une agglomération qui frôle les 2,2 millions. Une ville grouillante, débordante d’activités, qu’il faut apprendre à connaître. A découvrir.

Le lieu de naissance de Tananarive est la plus haute colline de la ville : Analamanga, qui signifie  » forêt bleue  » à cause de cette jolie lumière légèrement bleutée qui à l’époque n’était pas due à la pollution automobile ! En 1610 le roi Andrianjaka déloge de la colline les tribus Vazimba, les mystérieux premiers habitants de l’île. Décidant de protéger le site, il place 1000 hommes en armes ce qui donne logiquement le nom à la ville, Antananarivo ou  »ville des milles guerriers  ». Il fit bâtir son palais (ou Rova) à l’emplacement de l’actuel palais de la reine, lieu sacré et consacré à la royauté Merina jusqu’à la dernière reine Ranavalona III.

Édifiée sur l’une des douze collines historiques de l’Imerina, la capitale malgache domine la plaine du Betsimitatatra, un paysage de rizières irriguées par le Laniera et l’Ikopa.

Ses différents quartiers s’étagent à flanc de coteau dans un dédale d’escaliers, de ruelles, de ponts et de passerelles, composant un vaste ensemble où le rouge et le vert dominent. Sur la colline la plus élevée, Anatirova, (1.431m) se dressent les palais royaux.

Avec ses cieux d’un bleu intense, Antananarivo symbolise bien l’Imerin’Ambaniandro, les « hautes terres sous le ciel ». C’est une capitale verdoyante, ombragée de jacarandas et de frangipaniers, une ville où il fait bon se promener le jour. Seules ombres au tableau : la pollution urbaine, qui prend des proportions inquiétantes, et les embouteillages que connaissent certains quartiers. En un siècle, sa population est passée de 50.000 à plus de 2,2 millions d’habitants.

Après avoir chassée les Vazimba de la colline d’Analamanga, le roi merina Andrianjaka y établit son Rova (palais-citadelle) en 1610 puis, il y installa une garnison de mille hommes pour garder le site dont il fit sa capitale.

Quand il entreprit de réunifier l’Imerina, en 1794, Andrianampoinimerina commença par conquérir Antananarivo, s’empressant d’endiguer l’Ikopa et d’aménager des rizières dans les plaines du Betsimitatara.

Au début du XIXème siècle, la ville profita de son nouveau statut de capitale malgache et de la politique internationale active menée par Radama Ier pour devenir l’un des principaux pôles du négoce de l’océan Indien. Elle commença à s’étendre en direction de la plaine, les habitations en bois et en jonc massés dans l’ancienne enceinte furent peu à peu cernées par des maisons à étage en brique séchée d’inspiration européenne.

En septembre 1895, les troupes du Général Duchesne assiégèrent la cite des Mille, bombardant le Rova. En janvier 1896, le résident Laroche s’installait à «Tananarive» et l’actuel quartier d’Antaninarenina devint bientôt le nouveau centre administratif de la capitale. Au début du XXè siècle, les Français dotèrent la ville de voies carrossables, d’une gare, d’un réseau d’égouts et de l’éclairage public. Ces travaux d’aménagement et d’assainissement se poursuivirent dans les années 1920 et 1930, notamment avec la modernisation du Zoma (« grand marché du vendredi ») et l’élargissement de nombreuses artères.

A la proclamation de l’indépendance, en 1960, Antananarivo devint naturellement la capitale de la République Malgache. Depuis, elle s’est encore étendue gagnant sur les rizières qui l’entourent.

Tandis que le quartier commerçant d’Analakely conservait son architecture coloniale, deux grands ensembles de bâtiments administratifs ont été édifiés près du lac Anosy et à Antaninarenina, et une tentative d’aménagement harmonieux a pris corps avec les logements populaires des 67–Hectares. En ce début de XXIè siècle, Antananarivo est une ville en pleine mutation. Certes, l’urbanisation ne semble plus correspondre au plan initial d’occupation des sols et la pénurie de logements sociaux explique que des taudis voisinent avec des quartiers résidentiels.

En 1997, le centre-ville d’Ambohidahy à Analakely, a été entièrement rénové avec le concours du Japon, et un palais national des Sports et de la Culture, construit avec celui de la République populaire de Chine, a été inauguré à Mahamasina. Antananarivo pourrait devenir une très belle ville si cet effort de reconstruction se poursuit.

Climat tropical

Antananarivo a un climat tropical d’altitude. Bien qu’elle soit située dans la zone intertropicale, la température moyenne sur l’année est modérée par les effets de l’altitude.

Le climat est caractérisé par des hivers frais et très secs et des étés doux et très pluvieux.

La température en saison fraiche descend rarement au-dessous de 10 °C. En saison chaude, elle dépasse rarement 30 °C. Les gelées sont rares mais pas inconnues. Pendant le mois de juin et ce, selon les années, il se peut que la température du matin descende jusqu’à −1 °C. Plus récemment, le 6 juin 2013, ce record a été approché car il a fait −2 °C et cela a provoqué l’apparition des gelées blanches

Les journées où le soleil n’apparaît pas de la journée sont également très rares (moins d’une dizaine par an).

Son nom signifie « La Ville des Mille » (de an, préfixe locatif correspondant à « à » ; tanana signifiant «ville» ou « village» ; arivo voulant dire « mille ») en raison des mille guerriers que Radama Ier a posté pour protéger le domaine royal d’Analamanga (en rapport avec l’importante garnison royale merina). Les Malgaches lui font souvent subir une aphérèse et une apocope qui donnent Tana (Tanana ou la ville) et il a été francisé à l’époque coloniale en Tananarive car la prononciation malgache élide le an par accentuation sur le Ta et pratique quasi-systématiquement l’élision des voyelles finales.

La région où se situe Antananarivo s’appelle bien entendu Analamanga mais c’est aussi la région de l’Imerina, la région des hautes terres centrales que l’administration coloniale française avait francisé en Emyrne.

Musée d’Art et d’Archéologie

Depuis 1961, Antananarivo possède un musée, le Musée d’Art et d’Archéologie à l’Université de Madagascar, ainsi qu’un observatoire astronomique, tandis que le parc botanique et zoologique de Tsimbazaza est situé près du centre.

On peut également y admirer le Palais de la Reine (Rova Manjakamiadana) entièrement reconstruit après un incendie en 1995 ou encore le palais d’Andafiavaratra, dévasté par un incendie criminel en 1976 puis entièrement reconstruit (palais du Premier ministre sous la royauté merina, palais présidentiel de 1960 à 1972), le palais de justice d’Ambatodrafandrana, édifice construit en pierre de taille en 1881, tous trois construits sur la colline sacrée surplombant toute la ville.

La ville d’Antananarivo comptait autrefois plusieurs salles de cinéma qui sont aujourd’hui laissées à l’abandon ou devenues des lieux de culte pour des groupes cultuels se réclamant d’un courant évangélique.

Elle compte également des salles de spectacle et théâtres municipaux (théâtres municipaux d’Isotry et d’Analakely).

Elle abrite par ailleurs la grande Bibliothèque nationale malgache et une bibliothèque municipale. Le célèbre centre de recherches scientifiques créé par le professeur Rakoto-Ratsimamanga l’IMRA (Institut Malgache de Recherches Appliquées) en 1957.

L’Institut français de Madagascar, créé en 1964 sous le nom de Centre culturel Albert-Camus (CCAC), veut promouvoir la création artistique malgache et être un lieu d’échanges et de dialogues entre les cultures du Nord et du Sud.

Quelques citations historiques :

« Tous les voyageurs qui veulent aller à la capitale en doivent demander la permission à la reine, et attendre à une journée au moins de distance la décision du sikidy, qui fixe le jour et heure où ils peuvent faire leur entrée.
Il faut observer rigoureusement le jour et l’heure indiqués, et si, dans l’intervalle, le voyageur tombe subitement malade et se trouve dans l’impossibilité d’arriver aux portes de la ville au moment prescrit, il doit adresser un nouveau message à la reine et attendre une seconde décision du sikidy, ce qui fait perdre plusieurs jours, et souvent plusieurs semaines ».

Ida Pfeiffer, Voyage à Madagascar, 1857

« Ville aux mille guerriers, aux villages sans nombre, de puissance et d’orgueil symbole généreux, tes peuples ont gardé, paisibles et heureux, l’image d’un passé fugitif comme une ombre ».
A. Courrejou

« Je veux faire graver cette parole sur le fronton du tribunal « Malheur à qui condamne l’innocent et justifie le coupable » Tout juge prévaricateur sera dépouillé de ses biens en faveur de sa victime ».
Ranavalona II

Texte Anakaopress
Photos Pierre Marchal